Club à l'honneur - Brabant Golf
À un jet de pierre de l'aéroport de Bruxelles, où les avions survolent les fairways, se trouve l'un des clubs de golf les plus progressistes de Flandre. Brabant Golf n'est pas seulement une oasis sportive à la périphérie de la capitale, mais aussi un laboratoire de gestion écologique. Aux commandes : Dimitri Moerenhout, greenkeeper en chef visionnaire, soutenu par son prédécesseur expérimenté Philippe Mallaerts, qui, après sa retraite, continue d'aider à fixer le cap en tant que consultant.
Fondé il y a quarante ans en tant que terrain de golf typiquement flamand, le club compte aujourd'hui dix-huit trous stimulants sur plus de quarante hectares. “Nous nous mettons mutuellement au défi de toujours placer la barre plus haut”, déclare Mallaerts. “Cette double vision permet au parcours d'être à la pointe du progrès et d'être à l'épreuve du temps.”
“Philippe est mon soutien, ma caisse de résonance, ma mémoire”, dit Moerenhout. “Il connaît le métier sur le bout des doigts. Je prends les choses en main maintenant, mais c'est un luxe de pouvoir compter sur son expérience pour les dossiers plus importants ou lorsque les choses deviennent un peu tendues. Philippe reste également actif dans le secteur : en tant que vice-président de la GAB (Greenkeepers Association Belgium), il partage ses connaissances par le biais de journées d'étude, d'ateliers et de formations.

L'innovation est ici une pratique quotidienne. Moerenhout précise : “Je mesure régulièrement le taux d'humidité et la quantité de sels dans le sol, et je note également le nombre de litres de pluie tombés. J'examine ces données en même temps que ce que je vois visuellement sur la piste. C'est la combinaison des mesures et de l'image tangible qui garantit la bonne interprétation et les actions appropriées.”
Le parc de machines a également fait l'objet d'une mise à niveau écologique. Une tondeuse électrique pour les greens, une tondeuse silencieuse pour les fairways et une flotte de voiturettes de golf alimentées par batterie réduisent considérablement la consommation de diesel chaque année. Des panneaux solaires installés sur le toit de notre hangar rechargent les batteries. “Nous devons commencer à réduire les émissions de CO2 et nous efforcer de devenir un club de golf aussi neutre que possible sur le plan climatique”, déclare M. Moerenhout.
La piste se trouve juste en dessous de la voie d'approche de Zaventem, mais ici, la pensée écologique a libre cours. Les étés sont de plus en plus secs et les averses de plus en plus fortes, ce qui se ressent sur le parcours. Brabantse Golf réagit en mettant en place un système intelligent qui relie les deux extrêmes : l'eau de pluie s'écoule dans des oueds et dans un bassin central. Ce réservoir, qui appartient en fait à l'aéroport, est entièrement intégré au parcours et fournit 100% d'eau d'arrosage. La protection chimique des cultures a systématiquement disparu des greens au fil des ans. Les biostimulants, les agents mouillants et les mélanges de graminées résistantes prennent le relais. “La tolérance zéro n'est pas une menace, mais un défi pour travailler plus efficacement”, déclare Mallaerts.
Depuis des années, cet ambitieux club de golf possède à peu près tous les certificats de durabilité existants, y compris le label GEO et le Sustainability Compass. “L'électrification et le plan de gestion de l'eau ont été nos plus grandes avancées en matière de réduction des émissions de CO2”, indique le club. Mais les ambitions vont plus loin : “Nous visons une plus grande biodiversité sur la piste : papillons, pics, insectes, chauves-souris. Ne pas travailler contre, mais avec la nature.”

Le secteur est vieillissant et l'afflux de nouveaux travailleurs se ralentit. “L'entretien des espaces verts est un métier unique, mais peu de jeunes en sont conscients”, explique M. Moerenhout. “Nous essayons de les intéresser par l'intermédiaire des écoles, de leur offrir des possibilités de croissance et de leur permettre de suivre des cours de formation. Il faut investir du temps. Un bon greenkeeper ne naît pas, il se cultive.”
Grâce au GAB, il peut également inspirer des personnes extérieures au club. “Nous proposons des formations sur le leadership, l'analyse des sols, la prévention du burn-out. Tout ce que le métier exige aujourd'hui mais qui n'existait pas auparavant.”
Où en sera Brabant Golf en 2030 ? Mallaerts sourit : “Avec un système de drainage intelligent capable de faire face à des pluies extrêmes et un gazon robuste capable de survivre à de longues périodes de sécheresse. Mais surtout : un lieu où la nature et le jeu se renforcent mutuellement.” Moerenhout
ajoute : “L'avenir ne passe pas par une bataille avec la nature, mais par la coopération. Cela commence par l'herbe sous vos pieds”.”