Mobilité Bruxelles est chargée des stratégies de mobilité et des projets d'aménagement au sein de la Région de Bruxelles-Capitale. Les espaces verts publics relèvent également de sa compétence. À cet égard, l'organisation s'est trouvée confrontée, à l'instar de nombreuses autres villes européennes, à un certain nombre de défis. De nombreux arbres de la ville souffrent du réchauffement climatique, du manque d'eau, de l'imperméabilisation des sols et de l'apparition de nouvelles maladies et d'insectes nuisibles. Pour assurer l'approvisionnement en eau des arbres, Mobilité Bruxelles a récemment mis en service un nouveau système d'arrosage automatisé.
Bruxelles compte plus de 32 000 arbres dans les espaces publics et le long des routes régionales. Le suivi et l'entretien de ces arbres impliquent sans cesse des choix importants. Quels arbres doivent être abattus et remplacés, et lesquels peuvent encore être sauvés ? Faut-il abattre et remplacer ces spécimens fragiles de manière ponctuelle et individuelle, ou faut-il intervenir simultanément sur tous les arbres d'une même allée ?
Afin d'éviter la propagation des maladies, certaines villes européennes ont déjà choisi de planter différentes variétés d'arbres dans une même rue. En effet, la plupart des maladies touchent principalement une seule et même variété d'arbre. La diversification des variétés d'arbres pourrait bien devenir la norme à l'avenir.
Actuellement, par exemple, les châtaigniers sont confrontés à un problème majeur. Le ‘ chancre du châtaignier ’ est une maladie très contagieuse et mortelle, qui détruit irrémédiablement les arbres. L'une des conditions essentielles à la bonne santé des arbres urbains est toutefois de leur fournir suffisamment d'eau, ni trop ni trop peu. C'est dans ce but qu'un système d'arrosage automatisé a été mis au point.

Mise en place des sondes tensiométriques. (Copyright GOB)
À l'heure actuelle, des centaines d'arbres sont déjà équipés de sondes tensiométriques qui surveillent en permanence l'humidité de leur site. Ces sondes mesurent les besoins en eau des arbres, en fonction de leur physiologie et du climat, ainsi que la quantité d'eau disponible dans le sol. Les données issues de ces mesures sont transmises à une application qui permet à l'administration d'assurer un suivi régulier des plantes et qui envoie des alertes servant de base à la planification des arrosages individuels. Il a également été décidé d'équiper chaque nouvel arbre planté de ce système.
Dans des conditions normales, chaque arbre nécessite environ 120 litres d'eau par arrosage. Grâce aux sondes, il est possible de réaliser des économies d'eau considérables en cette période de pénurie. Un arbre doit surtout être arrosé lorsqu'il en a réellement besoin. En effet, un arbre qui reçoit trop d'eau étouffe et cesse toute activité racinaire. L'excès est certainement néfaste en matière d'arrosage. Ainsi, les sondes garantissent que chaque arbre reçoive la quantité d'eau nécessaire sans pour autant gaspiller inutilement l'eau.
En 2020, plus de 560 arbres bénéficient déjà de cette technologie et d'autres projets sont actuellement en cours d'élaboration. On trouve quelques exemples récemment réalisés ou prévus à court terme sur la Steenweg à Bergen, la Pol Burysquare, la Docks-ovonde, la Hallepoort, l'Olympische Dreef, la Regentlaan et la Henri Simonetlaan.
Grâce à un système de gestion cartographique avec géolocalisation, Bruxelles Mobilité peut suivre les caractéristiques et l'état de chaque arbre situé le long des routes régionales et dans l'espace public. Cela améliore considérablement l'efficacité du suivi et de l'entretien et permet de mener des actions très ciblées. Les changements climatiques à venir dans notre région exigent en tout état de cause une grande vigilance, et ces sondes y contribuent grandement. Leurs informations en temps réel permettent de prendre les bonnes décisions, de réagir rapidement et contribuent ainsi de manière significative à la préservation du patrimoine arboricole à Bruxelles et, éventuellement, dans d’autres villes du pays.