Il y a des jours où je rentre chez moi en sifflotant. Par exemple, quand nous avons réussi in extremis à préparer un terrain pour le match, alors que la météo n'était vraiment pas de notre côté et que le planning ne laissait pratiquement aucune marge en cas de contretemps.
Mais il y a aussi des jours où j’ai du mal à l’accepter. Quand, dans des conditions difficiles, tu as fait de ton mieux pour remettre le terrain de foot en état et qu’il pleut pendant des heures juste avant le premier match. Là, tu sais que les dégâts vont être considérables. Ça fait mal. D'ailleurs, lorsque je suis passé du monde du golf au football professionnel après plusieurs années, j’ai failli avoir un choc en voyant pour la première fois l’étendue des dégâts qu’un seul match peut causer. C’était tout autre chose que sur un parcours de golf.
Personnellement, je pense que nous devons rendre notre métier plus attrayant pour les jeunes. Il y a trop peu de relève. Non pas parce que ce travail n’est pas passionnant, mais parce qu’il peut parfois être pénible et que la valorisation et la reconnaissance sont souvent limitées. On travaille avec des délais serrés, des compétitions qui ont lieu quoi qu’il arrive et une nature qui ne se laisse pas diriger. Sécheresse, pluie ou remise en état après des dégâts : cela exige de la flexibilité, des compétences techniques et parfois de longues journées de travail.
En même temps, c'est précisément ce qui rend ce métier passionnant. Aucune journée ne se ressemble. On se rend dans des lieux exceptionnels, on travaille pour des clubs sportifs et des parcours de golf, on dispose d'une grande liberté d'initiative et on voit immédiatement les résultats de son travail. De plus, le métier évolue rapidement. La robotisation, les capteurs et les techniques de caméras permettant de mesurer la vitalité des plantes rendent la gestion des pelouses plus intelligente et plus stimulante.
C'est pourquoi nous pouvons parler avec encore plus de fierté de ce que recouvre ce métier. C'est un métier technique, dynamique et visible. Et oui, si nous voulons attirer les jeunes, nous devrions peut-être simplement le rendre un peu plus « sexy ».
Martin Brummel, conseiller technique en gazon sportif / Sports turf consultant | GrasMeesters