Des choix judicieux pour des légumes verts sains
“Vous pouvez avoir un très bon vendeur ou un plan de fertilisation parfaitement rédigé ... sans analyse du sol, vous ne savez vraiment rien”. C'est Nicolas De Schutter, business manager de NDS Solutions et consultant pour de nombreux clubs de golf, terrains de sport et espaces verts publics, qui s'exprime. Sa mission : sensibiliser le secteur à l'importance de mesurer, de comprendre et ensuite seulement d'ajuster.
Selon M. De Schutter, il est surprenant de constater que de nombreuses décisions en matière de gestion des espaces verts sont encore prises à l'instinct. “Chaque green est différent, tout comme chaque terrain de golf. Même sur un terrain, il existe de grandes différences en termes d'acidité, d'humidité, de sel, de compactage ou de vie microbiologique. Si vous n'en tenez pas compte, vous travaillez avec une hache émoussée”.”
Que faire alors ? “Commencez à mesurer. Une analyse de sol correcte vous donne un point de départ ainsi qu'une évolution. Vous savez où vous en êtes, vous voyez comment le sol réagit aux interventions et vous pouvez faire des choix beaucoup plus ciblés. Moins de gaspillage, plus d'efficacité.”
Pourtant, même l'analyse n'est pas une solution miracle, prévient M. De Schutter. Certains se contentent d'un seul échantillon et se disent : “c'est fait‘. Mais un échantillonnage unique, c'est comme prendre une photo et espérer comprendre l'ensemble du film. En fait, il faut surveiller : au moins de manière saisonnière, de préférence à des points fixes et toujours de la même manière. Ce n'est qu'à cette condition que l'on peut se faire une idée des tendances.’
Cette approche fait toute la différence dans l'identification des problèmes sous-jacents. “Une mauvaise croissance peut provenir d'une accumulation de sel, d'un mauvais drainage, d'une faible CEC ou d'un déséquilibre entre le calcium et le magnésium. Sans données, on reste dans l'expectative. Les mesures ne sont donc pas réservées aux ‘intellos’, elles relèvent d'une gestion professionnelle”.”

NDS Solutions travaille exclusivement avec des calendriers de fertilisation qui partent d'une analyse actualisée du sol. “Nous sommes indépendants des marques, nous ne prescrivons donc pas de produits parce que nous devons les vendre. Tout part des besoins du champ lui-même. Cela signifie également que nous conseillons parfois de ne pas fertiliser. Car la surfertilisation est au moins aussi néfaste que la pénurie”. Et oui, cela conduit parfois à des conversations difficiles. Un client s'attend parfois à un “paquet‘ ou à un calendrier avec des solutions standard. Mais une bonne gestion n'est pas une camisole de force. C'est un processus d'observation, d'analyse et d'ajustement. Et en tant qu'agent d'entretien des espaces verts, vous devez être prêt à vous engager dans ce processus.’
M. De Schutter n'est pas opposé à la technologie, bien au contraire. “Les capteurs, les images satellite, les applications dotées d'une intelligence artificielle sont des outils fantastiques. Mais là aussi, il faut les utiliser de manière consciente. Les données n'ont de valeur que lorsque vous les comprenez et que vous les reliez à ce que vous voyez sur le terrain.”
Son conseil : combiner l'échantillonnage classique avec les nouvelles technologies, mais ne jamais perdre le contact avec le site lui-même. “Promenez-vous. Sentez le sol. Sentez s'il est sec ou humide. Parlez à votre équipe. La technologie ne remplace pas le savoir-faire, elle le renforce”.”
Enfin, les mesures coûtent de l'argent. Comment le justifier en tant qu'éco-responsable ? “En montrant à quel point vous l'évitez”, répond M. De Schutter. “Ceux qui fertilisent ou pulvérisent à l'aveuglette jettent littéralement de l'argent par les fenêtres. Une approche ciblée signifie moins de produits, moins de travail et moins de dégâts à long terme. Et c'est un langage que tous les dirigeants de clubs comprennent.”
Une bonne gestion commence par la compréhension. Et la compréhension commence par la mesure. “Ceux qui veulent vraiment améliorer leurs greens doivent oser regarder sous le gazon”, conclut Nicolas De Schutter. “Car c'est là que le jeu commence vraiment.”